Ils en parlent :
AFP du 4 février 2008 à 10h42
4 JQ83 FRS 1072 010208-20h40
Distribution-social-salaires-dimanche-grève,LEAD
Chérèque critique l'attitude "méprisante" de Bédier (FCD), qui conteste
PARIS, 1 fév 2008 (AFP) - Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a dénoncé vendredi l'attitude "méprisante" du patron de la fédération des entreprises du commerce et de la distribution, ce que celui-ci a contesté auprès de l'AFP, après une journée de grève d'une ampleur qu'il a reconnue inégalée.
Répondant à Jérôme Bédier qui a parlé "de motifs un peu politiques" à la grève de vendredi, M. Chérèque a déclaré à RTL: "Je pense que ces propos, c'est une forme de mépris (...) Lorsqu'un leader national s'exprime au nom des salariés les plus précaires, ce serait une démarche politique, c'est incompréhensible (...) si M. Bédier a une démarche aussi méprisante vis-à-vis de ses salariés, ce n'est pas étonnant qu'on ait des problèmes dans ce secteur".
M. Bédier a réagi auprès de l'AFP en se disant "surpris par sa réaction". Par "politique", la FCD entend que "l'ampleur (du mouvement) dépasse les enjeux de notre branche".
"Il n'y a aucun mépris de notre côté, nous ne prenons pas à la légère ce mouvement, au contraire les valeurs de notre branche sont celles du dialogue social", a-t-il ajouté.
"Nous pensons utile d'avoir un contact direct avec M. Chérèque, pour aborder avec lui tous les sujets de la branche", a-t-il précisé.
M. Bédier a estimé qu'avec 4,5% de grévistes dans la branche, c'était "la première fois qu'il y avait une manifestation de cette ampleur". "C'est une journée qui est significative, c'est la première fois que ça se passe comme ça", a-t-il souligné, précisant: "on en tient compte dans le dialogue social que l'on mène au quotidien sur tous les sujets".
Globalement, M. Chérèque s'est félicité de la réussite de ce mouvement, en le qualifiant de "très rare" et s'est réjoui qu'on ait enfin "beaucoup parlé" de ces professionnels qui "subissent tous les inconvénients du marché du travail aujourd'hui" (niveau très faible des salaires, temps partiel subi, remplacement de caissières par des automates, travail le soir, le dimanche).
S'agissant des salaires dans la grande distribution, M. Chérèque a souligné le cas de ceux qui travaillent 30 heures par semaine, il a relevé: "30 heures, c'est 3/4 du smic, c'est 750 euros nets par mois. S'il (M. Bédier) dit que c'est suffisant pour vivre, 750 euros nets par mois, moi je dis que ce n'est pas possible".
En ce qui concerne les emplois, il a noté que dans un groupe comme Ed dont il a visité un magasin à Paris vendredi matin, "on a 2.600 embauches en CDI et 3.700 en CDD, donc il y a un problème de salaires mais en plus il y a de la précarité".
dv-reb/mv/ei
Journée d'action
Mobilisation réussie dans les grandes surfaces
C’est une première : trois organisations syndicales de la branche Commerce – la CFDT, la CGT et FO – appellaient à une journée d’action dans la grande distribution le 1er février. La mobilisation a été massive, selon les organisations qui qualifient d’« historique » cette action commune. Les équipes CFDT ont agi sur plus de 400 sites commerciaux et entrepôts. Trois thèmes étaient mis en avant : le pouvoir d’achat, le repos dominical et l’emploi.
François Chérèque s'est félicité, vendredi sur RTL, de la réussite de ce mouvement, en le qualifiant de « très rare » et s'est réjoui qu'on ait enfin « beaucoup parlé » de ces professionnels qui « subissent tous les inconvénients du marché du travail aujourd'hui » (niveau très faible des salaires, temps partiel subi, remplacement de caissières par des automates, travail le soir, le dimanche).
S'agissant des salaires dans la grande distribution, il a souligné le cas de ceux qui travaillent à temps partiel : « 30 heures par semaine, c'est 3/4 du smic : ce n'est pas possible de vivre avec 750 € par mois ».
En ce qui concerne les emplois, le secrétaire général de la CFDT a noté que dans un groupe comme Ed dont il a visité un magasin à Paris vendredi matin, « on a 2 600 embauches en CDI et 3 700 en CDD, donc il y a un problème de salaires mais en plus il y a de la précarité ».n
© CFDT (mis en ligne le 4 février 2008) site : cfdt.fr
GROGNE
Les salariés de la grande distribution veulent renflouer leurs caisses
samedi 02.02.2008, 05:58
Hier, des salariés d'Auchan Englos ont débrayé de 10h à midi et de 14h à 16h. PHOTO PHILIPPE PAUCHET
Ras-le-bol. Hier, les salariés de la grande distribution se sont mobilisés en France, à l'appel des organisations syndicales. Exemple parmi d'autres, à Auchan Englos, où les hôtesses de caisse racontent leur quotidien.
« Je gagne 900 euros net pour un contrat de 30 heures. Je suis toute seule avec quatre enfants. C'est dur. Et pourtant, je travaille à longueur d'année. » Armelle a 36 ans. Elle est entrée chez Auchan il y a cinq ans. « J'ai de la chance : mes parents peuvent s'occuper de mes enfants. Si ce n'était pas le cas, je devrais quitter mon emploi. »

Insultes
Le magasin Auchan d'Englos compte environ 750 salariés dont 650 en CDI. Hier matin, ils étaient à peu près 400 à avoir pointé. Comme Armelle, environ 80 personnes du magasin se sont jointes au cortège. « Avant, il y avait des primes pour compenser. Maintenant, elles ne suffisent plus. On s'enfonce. » Les conditions de travail aussi se dégradent : « Des clients nous insultent, s'en prennent à nous à cause de la hausse des prix. On n'y est pour rien. On la subit aussi. » Si elle a débrayé hier, c'est pour obtenir une augmentation de salaire. Et s'opposer à l'ouverture des magasins le dimanche : « On n'a déjà pas beaucoup de vie de famille. » Elle espère aussi que sa direction tiendra compte de cette journée d'action. « Ils ne sont pas à l'écoute des salariés. » À côté d'elle, Christophe. Il est rentré chez Auchan en 2001. À 25 ans, il n'a pas les moyens de louer un appartement : « Je n'ai pas le droit de dépasser un tiers de mon salaire. Il faudrait un loyer de 300 euros. C'est quasiment impossible. J'ai regardé plus loin, du côté d'Hazebrouck, mais avec le prix de l'essence, ça ne vaut pas le coup. » Alors il est revenu vivre chez ses parents.
Des voitures klaxonnent, en signe de solidarité. « Ils ont raison de protester. Le SMIC, pour le travail qu'ils font, c'est insuffisant, » Sabine, 30 ans chez Auchan, et Françoise, 34 ans d'ancienneté, ne disent pas le contraire. Elles ont déjà fait grève. Mais cette fois « toutes les enseignes sont mobilisées », ça pourrait changer les choses. « Ça fait trente ans qu'on est dans la même boîte. Les jeunes qui sont là depuis deux ou trois ans gagnent comme nous. » Elles gagnent 1 000 euros net par mois. Alors, pour s'en sortir, Françoise compte sur son mari « qui a un salaire plus décent ».
Sabine, elle, est seule avec ses deux enfants. Alors, même si elle était en repos hier, elle a tenu à se joindre au cortège avec ses collègues : « Mon loyer est de 500 euros. Je peux vous dire qu'on ne mange pas tous les jours à notre faim. » •
Dans un communiqué, la direction d'Auchan rappelle que le premier niveau de rémunération est au moins égal à 105 % du SMIC hors prime. S'y ajoutent la rémunération variable individuelle, l'intéressement et la participation.
VALÉRIE SAUVAGE